Sektenflyer
New Age aus christlicher Sicht

Nouveaux Mouvements Religieux, Groupes religieux particuliers (‘sectes’) et (nouvelles) philosophies religieuses en Suisse – Thème du Groupe de travail (catholique) “Nouveaux Mouvements Religieux”

Le monde des religions, des groupes religieux particuliers (‘sectes’) et des nouveaux mouvements religieux (NMR) se caractérise par sa diversité. Plus de 1000 communautés différentes sont présentes sur le territoire suisse ce qui représente – au sein même des religions majoritaires également – un changement notable du religieux au cours des dernières années et qui nous montre que:

  • les églises (nationales) chrétiennes (catholique-romaines, évangélique-luthérienne/réformée et catholique-chrétiennes) perdent - si elles ne l´ont pas déjà perdu - leur monopole dans la gestion de la vie et de la production de sens.
  • Une évolution des minorités religieuses, aux dépens des majorités religieuses. Ce changement peut également s´observer dans le changement des manifestations de piété dans les villages, villes ou métropoles (par exemple, là où passait auparavant la procession de la Fête-Dieu peut aujourd´hui passer une procession de Hare Krishna à l´occasion de la fête hindouiste de la pleine lune).
  • A ceci s´ajoute une sécularisation grandissante, couplée d´un éparpillement des références chrétiennes dans la vie quotidienne. Une autre expression de cette évolution peut être perçue dans la prégnance sociale d´un nombre de sans confession (s´élevant à 12% en Suisse en l´an 2000) en constante évolution. Quant en Allemagne, 1/3 des Allemands se déclarent sans confession depuis la chute du Mur de Berlin - à noter que dans les grandes villes de Suisse, comme Bâle, les retraits de l´église rejoint à peu près à cette proportion.
  • Il faut également attester de l´apparition sur la scène publique d´une prétention nouvelle des communautés libres évangéliques et des groupes religieux particuliers (´sectes´) qui se manifeste par la construction de centres communautaires et dans un renforcement du travail missionnaire, de même que dans la prédisposition à mobiliser les instruments juridiques disponibles afin d´obtenir une reconnaissance de la communauté et de ses intérêts. Nous pouvons aussi noter un effort notable de la part de certains groupes particuliers pour initier un dialogue œcuménique avec les représentants des églises ou avec des instances œcuméniques (AGCK). (par exemple, les Adventistes du Septième Jour et l´Eglise Nouvelle Apostolique), alors que d´autres communautés s´efforcent d´obtenir une reconnaissance étatique (les Témoins de Jéhovah, par exemple) et sont prêtes à tenter de s´ouvrir à la société.
  • Au sein du christianisme se développe, dans les pays germanophones, un meilleur réseau interconfessionnel entre mouvements et communautés charismatique-pentecôtistes (comme, par exemple, Campus für Christus), à la volonté clairement missionnaire et ayant pour but de faire connaître le message chrétien (Oui à Jésus, l´Eglise comme communauté sur place). Le travail missionnaire s´effectue jusque dans les églises chrétiennes ("Il est aussi possible de trouver des chrétiens dans les églises confessionnelles"). Il s´agit d´une profession de foi envers Jésus; oui - mais non d´une décision de s´engager dans une église confessionnelle qui serait plutôt perçue comme un obstacle majeur à l´être chrétien engagé. Ces communautés se distinguent souvent par leurs prises de position anti-catholiques, aussi bien qu´anti-ecclésiastiques, de même que par un refus des structures ecclésiastiques. La communauté se comprend comme une communauté sur place - selon le modèle américain.
  • Les habitants des pays germanophones questionnent la place et les privilèges des églises au sein de la société. Ils portent un regard nouveau sur les confessions et églises chrétiennes dans leur diversité (nouvelles communautés religieuses au sein des églises comme, par exemple, "Movimenti" (dont on recense plus de 60 sections en Suisse) au sein de l´Eglise catholique romaine. Ces communautés sont parfois perçues comme de passionnantes et dynamiques opposantes aux structures paroissiales). Toutefois, en même temps, des personnes extérieures, mais aussi internes aux églises, en viennent à s´interroger: Existe-t-il des ´sectes´ au sein des églises?"
  • En revanche, elles attisent la discussion autour d´une nouvelle législation religieuse et autour de la séparation/décentralisation entre Eglise et Etat au profit de la diversité des religions.
  • Chiffres issus du recensement 2000 (1990) pour la Suisse:
    - églises évangéliques/réformées, églises libres incluses: 37 (40%)
    - église catholique-romaine: 44 (46%)
    - église chrétienne-orthodoxe: 1,9 (1%)
    - musulmans: 4,5 (2,2%)
    - juifs: 0,3%
    - sans confession: 12 (7,4%).
  • L´individualisation du religieux (je choisis moi-même ma religion) de même que la privatisation du religieux (je ne me laisse influencer par aucune institution dans mes croyances et ma vie spirituelle) conduisent à une séparation entre Eglise et foi chrétienne et à une crise de l´identité ecclésiastique. Une religion-patchwork naît de la quête religieuse: je me concocte ma propre religion à partir des différentes traditions religieuses présentes sur le marché religieux.
  • Dans la réalité des pays germanophones, les mouvements ´schismatiques´ (´sectes´) au sein du christianisme ne sont plus les seuls à revendiquer de nouvelles prétentions. C´est également le cas de la dimension de ´religion´ mondiale présente dans les réseaux des grandes religions. Ainsi, en Suisse:
  1. les religions mondiales, diverses et contradictoires sont présentes en nombre croissant, qu´il s´agisse de courants majoritaires ou de groupes particuliers (´sectes´). Ainsi, la présence de représentants des différentes religions non-chrétiennes sur le territoire n´a cessé d´augmenter au cours de ces dernières années (bouddhisme, avec plus de quarante courants différents, semblables à la diversité de l´hindouisme et, surtout, de l´islam qui représente à présent la plus grande communauté religieuse, à côté des églises catholique-romaines et évangéliques dans tous les pays germanophones. Eglises indépendantes africaines ou d´Amérique latine (pour la plupart de tendance charismatique-pentecôtiste), et communautés afro-américaines (Macumbe, Candomble). Ces différentes tendances sont arrivées en Suisse par le biais des flux de requérants d´asile et de travailleurs internationaux, ces personnes ayant commencé, après un certain temps, à établir leur communauté religieuse (qui rappelle souvent la patrie dans le pays étranger), à l´institutionnaliser et à la faire connaître.
  2. De nouveaux mouvements religieux et des groupes particuliers (´sectes´), souvent des communautés portant une nouvelle révélation, empreintes d´influences chrétiennes et dotées de prophètes/prophétesses (comme, par exemple, Fiat Lux ("Uriella"); Michaelsvereinigung Dozwil (Paul Kuhn; Universelles Leben …) se développent dans le cadre d´un processus d´établissement. Avec le temps se produit un processus d´ecclésiastisation de la communauté.
  3. En quête d´une identité religieuse et communautaire et pour palier à un sentiment d´insécurité palpable dans le présent, le fondamentalisme religieux imprègne toutes les communautés religieuses et conduit à un réseau organisé qui dépasse toutes les religions ou confessions particulières.
  4. Dans ce groupe de réseaux mondiaux, nous trouvons également l´ésotérisme (autrefois: New Age) qui, suivant le symbole de l´arc-en-ciel, réconcilie et réunit toutes les différentes traditions. Quelques pistes: la recherche de guérison conduit à toutes sortes de thérapies (alternatives); la quête de réponses aux questions posées par le futur, le sens et la chance conduisent à des offres diversifiées en matière de sens et de signification du futur; la recherche du mystère mène à une mystique-patchwork moderne et à différentes formes telles que les traditions de méditation.
  5. L´occultisme, l´intérêt pour la magie, aussi bien que les nouvelles sorcières de même que de nouvelles formes de satanisme (chez les jeunes), qui tous renaissent, de même que le néo-germanisme et les mouvements celtes représentent encore d´autres aspects de cette diversité.
    Une nouvelle phase de la perception religieuse, de même que de la critique religieuse, a commencé. Elle se présente de façon différente selon les pays. Fondamentalement, la place de la religion, et en particulier celle de l´Eglise chrétienne, a changé au sein de notre société, individualisée et sécularisée et le futur annonce encore des changements plus rapides. La diversité d´orientation religieuse qui existe entre la chrétienté exclusive, les autres religions du monde et la religiosité diffuse telle que le syncrétisme de différentes influences sont les marques caractéristiques du marché religieux d´aujourd´hui, vis-à-vis duquel les églises, dans leur travail, doivent réagir. C´est cette tâche qu´a endossée le groupe de travail "Nouveaux Mouvements Religieux" avec son poste de travail, ses succursales et ses réseaux aussi bien catholiques qu´œcuméniques (schéma). En même temps, le groupe de travail tente d´accompagner chaque conseiller/conseillère ecclésiastique et de les tenir au courant des évolutions sur la scène internationale afin qu´ils puissent, de leur côté, aider les personnes concernées et les personnes qui recherchent de l´aide auprès d´elles. Ces vingt-cinq dernières années ont permis d´attester du fait que les questions soulevées, dans leur diversité et leur interrelation, constituent aussi un véritable défi pastoral.

Joachim Müller, SBK Einsiedeln, Juin 2002

Quelle: Infosekten, 04.06.2002

Dienstag, 4. Juni 2002

 
nach oben © Mittwoch, 17. Januar 2018, 10:09 Uhr · kath.ch/infosekten · infosekten@kath.ch