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Mise au point sur le phénomène de « Dozulé »

Depuis bientôt 30 ans, des chrétiens se rassemblent à Dozulé (France) pour célébrer la croix glorieuse de Jésus-Christ et pour prier pour la rédemption du monde, obéissant au message attribué à Marie par la visionnaire Madeleine Aumont, qui n’a pas été reconnu officiellement par l’Église catholique.

Suite à quelques demandes, la Conférence des évêques suisses (CES) tient à rappeler ce qui suit :

Le 24 juin 1985, Mgr Jean Badré, évêque de Bayeux et Lisieux (territoire sur lequel se trouve Dozulé), avait déclaré ne pas reconnaître comme sanctuaire le domaine de Dozulé, ceci en vertu du can. 1230 CIC (cf. Documentation Catholique n° 1911, 2.2.1986, pp. 169-170). Par lettre du 25 octobre 1985 à Mgr Badré, le cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avait expressément approuvé la procédure que l’Ordinaire de Bayeux et Lisieux a suivie ainsi que les dispositions qu’il a prises en faisant référence à sa propre responsabilité pastorale, selon le can. 381 § 1. Cette position est constamment rappelée par l’évêque de Bayeux et Lisieux.

A côté des appels louables à la conversion, à la confiance envers la Croix glorieuse et à la dévotion eucharistique, les écrits publiés par Dozulé contiennent des accents et des exigences inacceptables (cf. Déclaration de Mgr Badré du 8 décembre 1985): la valeur salvatrice de la seule démarche faite à Dozulé ; le caractère ultime et exclusif du « message » ; l’eschatologie douteuse et incongrue ; le fait de bâtir des croix lumineuses sans tenir compte de la sensibilité religieuse des bordiers et au risque de procédures judiciaires coûteuses et contre-productives.

En accord avec le Magistère de l’Église universelle, la CES se distancie formellement du projet « Dozulé ». Un certain nombre de fidèles sera peut-être désorienté par cette décision. Ils auront de la peine à l’accepter. Les évêques les invitent à recentrer toujours plus leur piété et le témoignage de leur foi sur l’authentique mystère de la croix du Sauveur. C’est dans les sacrements et par eux qu’il faut chercher les sources de notre conversion et de celle du monde. C’est en eux et par eux, en Église, que nous fortifions notre espérance dans l’attente du retour du Seigneur.

Fribourg, 14.5.2003

Mgr Amédée Grab OSB
Président de la Conférence des évêques suisses

 

 

   

 
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